ma vie, mes troubles...



J'ai eu une enfance heureuse. Je n'étais pas personnellement une enfant heureuse...je n'étais pas malheureuse...je voulais autre chose... je voulais vivre de grandes aventures... je rêvais d'autres ouverture mais j'étais terrifié par mes désirs, par la peur d'échouer... J'avais peur de m'ennuyer dans une vie construite comme tout les monde et pourtant aujourd'hui je regarde ma vie comme on regarde un mauvais film d'action, je me cramponne au fauteuil en hurlant: "non, non, n'ouvre pas cette porte! il va te ratrapper et te ligoter, tu ne pourras pas t'en aller..." Sauf que dans mon histoire il n'y a pas de méchant... Celui qui m'est tombé dessus n'est autre que moi même. Mon double, une femme acharnée et diabolique me souffle: "Ne mange pas, je ne veux pas que tu manges, je te laisserais tranquille dès que tu sera maigre, je te le jure!"

ELLE MENT!!! Elle ne m'a jamais laisser tranquille, et je ne suis jamais parvenue à m'extirper complètement de ses griffes...

Nous transportons tous avec nous d'innombrable sacs remplis de bric à brac poussiéreux qui datent de l'enfance, rancœurs accumulées, blessures plus ou moins grandes, souvenirs glorieux, certitudes absolue qui, un beau jour se révèlent complètement fausses. Les êtres humains sont comme des rats qui entassent des provisions. Ces provisions nous caractérisent. Les miennes me destinaient plus ou moins à être quelqu'un que je ne voulais pas être: une enfant apeuré, vorace, fragile et dépendante...
J'ai essayer très tôt de me débarrasser de ce fardeau, je me suis construit un nouveau personnage plus dur, moins fragile, indépendant...
Mon plan d'action était le suivant: maigrir, partir, devenir quelqu'un...
A l'époque je croyais qu'une fois que je serais mince, que je serais devenue quelqu'un j'aurais enfin quelque chose à moi, quelque chose comme une identité...

Je ne suis pas particulièrement convaincue de pouvoir vivre sans être anorexique. Je me dis que si je pouvais être simplement un peu plus heureuse mes troubles alimentaires perdraient de leur importance... Peut être que je pourrais être modérément anorexique... Faire des régimes comme "tout le monde"... C'est comme si un alcoolique décidait de ne boire qu'à des soirées... ABSURDE NON?!!!

L'obsession du poids ne décroit pas avec le poids qu'on perd... au contraire! Plus on perd du poids, plus on a envie de maigrir. Il faut vraiment détester beaucoup son corps pour se convaincre que le jeûne est le seul moyen d'atteindre la minceur.
On oublie au final ce que veut dire vivre... On oublie beaucoup de choses...On oublie qu'il fut un temps ou l'on se sentait bien. On oublie ce que veut dire se sentir bien parce qu'on se sent constamant mal. Pour les gens normaux la santé va de soi. Ils n'ont pas constamant les mains qui tremblent, la tête qui bourdonne, la gorge irritée par la bile et l'égratignure des ongles... Il n'ont pas l'estomac attaqué par l'acidité de la caféine et des laxatifs... Ils ne se réveillent pas la nuit avec des crampes aux mollets et aux cuissent parce que leurs muscles commencent à se ronger eux-mêmes... Ils ne sont pas tirés de leur sommeil par d'inexplicable sanglots...
Mais on fini par s'habituer à la faim, à cette bruyante rébellion du corps face aux tortures que l'on s'impose. Et quand on à retrouvé la santé, ça parait normal... On à la vertige, on se sent désorienté et on retombe malade parce qu'on ne sait rien faire d'autre...

De toute façon quand j'ai décidé quelque chose, le reste n'existe plus... je n'ai aucun sens de la modération, de la prudence... je n'ai en gros aucun "bon sens"! Tout est noirs, tout est blanc!! Et quand on me reproche d'être trop extrême je répond que je ne sais pas faire autrement. J'ai l'impression que le ciel va me tomber sur la tête  si je ne suis pas là pour le soutenir. En un sens, l'arrogance pur et simple, mais de l'autre, la peur est réelle... Ce n'est pas que j'ignore les répercussion possible de mes actes, c'est plutôt que je suis persuadée qu'il n'y en à pas...


"Ce qui est pire que la tristesse: la découverte que rien ni personne ne pourra jamais remplir le vide qui est en nous..."





08/03/2008
19 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 126 autres membres