VIOLENCE CONJUGALE



Violence conjugale, que faire?


En Europe, une femme sur cinq est victime de violences au sein de son propre couple et ce, dans toutes les couches de la population.

La violence conjugale peut apparaître à tout moment dans un couple, que ce soit au début de la relation ou bien des années plus tard. Cette violence peut prendre plusieurs formes: physique, psychologique, sexuelle ou économique.

La plupart des couples traversent des crises occasionnelles. Cependant, il est possible de faire face à ces disputes sans que cela ait des conséquences graves.

Qu'est ce que la violence conjugale?

La violence conjugale se traduit par un souhait de domination de l'autre. Elle fait partie d'un cycle, d'évènements qui se succédent, certains sans importance (insultes, humiliations verbales), d'autres plus graves (gifles, coups).

Au plus le temps passe, au plus les violences deviennent fréquentes et insupportables. L'auteur de violences tente toujours de justifier son acte et de le minimiser et essaie bien souvent de lier son comportement à un ou plusieurs problèmes extérieurs comme le stress, l'alcool, le chômage,... Il peut également essayer de faire culpabiliser la victime et souvent, il y arrive.

La violence conjugale passe par des des périodes de "lune de miel" qui sont des périodes de calme et de réconciliation. L'auteur se rend compte de ce qu'il a fait subir à l'autre et il regrette ses actes. Il essaie alors de se faire pardonner par diverses petites attentions. La victime perd alors tous ses repères se demandant si elle n'a effectivement pas mérité ces accès de violence. Elle perd alors toute estime envers elle-même et s'isole de plus en plus.

L'escalade de la violence

Dans certains couples, il arrive que la violence ne dépasse pas les premiers paliers. Cependant, dans la plupart des cas, la violence ne fait que s'aggraver au fil du temps. Voici les différents paliers que peut connaître la violence conjugale:

  • Violence psychologique
  • Violence verbale
  • Violence envers des objets
  • Violence physique
  • Violence sexuelle
  • Homicide
  • Suicide
Les cycles de la violence:

la violence conjugale se développe à travers des cycles dont l'intensité et la fréquence augmentent avec le temps, pouvant conduire la femme au suicide ou à des risques élevés d'homicides.

En effet, dans un contexte de violence conjugale, surviennent des périodes d'escalade, de tension, débutant généralement par des agressions psychologiques suivies de violences verbales qui précèdent souvent les agressions physique.

Durant toute la phase d'escalade, la femme prend différentes mesures pour maintenir l'équilibre précaire de la situation. Elle peut nier ce qu'elle ressent afin de maitriser sa peur et pour se donner l'impression qu'elle est encore en capacité de contrôler la situation surtout si elle à déjà vécu à plusieurs reprise le cycle de violence.

La phase d'explosion de la violence, qui peut survenir à partir du moindre incident, semble se caractériser par le perte totale de contrôle du partenaire violent. Cette phase est la plus courte et le fin de l'accès de violence semble liée à l'épuisement physique et émotionnel de l'agresseur ou de la victime (l'agresseur à le sentiment "qu'elle à compris")

Durant cette période, la femme terrorisée et en état de choc, est tentée de se défendre ou de chercher un endroit pour se mettre à l'abri. A le suite de cet épisode violent, elle est parfois amenée à consulter un médecin pour des atteintes physique plu ou moins grave. Même sans blessures corporelles, elle peut ressentir des malaises diffus en réaction de cette agression.

Souvent, c'est durant cet état de choc que la femme commence à parler de sa situation à un proche ou à un professionnels (médecin, psy, travailleur social...)

Après cette crise, s'installe une période de rémission. Le conjoint à tendance à regretter ce qu'il à fait et à vouloir se faire pardonner: craignant de perdre sa compagne, il minimise les faits, justifie son comportement par des facteurs extérieurs à lui, rend la femme coupable de ses actes, lui promet de ne plus recommencer. La femme  se considère alors en partie responsable de ce qui vient de se passer.

Cette attitude entretient chez la femme l'espoir qu'il va changer et qu'il ne sera plus violent. Le couple entame alors une attitude dites de "lune de miel" (voir plus haut) :  la femme découvre à nouveau son compagnon  clame et prévenant . C'est ce qui l'encourage à poursuivre ou à reprendre la vie commune, à effacer de sa mémoire les scènes horribles qu'elle à vécues.

Mais plus le cycle se répète, plus est forte l'emprise de la violence et plus les périodes de "lune de miel "sont courtes. A partir de ce moment là, la femme  peut être  exposée quotidiennement au  mépris, au contrôle, aux agressions, vivant dans la peur, l'insécurité,  s'ajustant aux besoins  de son conjoint , ce centrant sur ses humeurs.  Le femme se se perçoit elle-même comme incompétente dans sa vie de couple et ailleurs, et se juge responsable de la violence du conjoint. Dévalorisée à ses propres yeux, elle se sent incapable de faire évoluer et améliorer sa situation.

Différents motifs, souvent conjugués font que les femmes restent sous l'emprise

- L'espoir d'une modification possible du comportement du conjoint;
- un sentiment de culpabilité d'avoir généré cette violence;
- l'unité familiale à préserver, le souci de ne pas priver les enfants d'un père aussi longtemps que cette violence ne les mets pas en danger directement
- la peur de se voir retirer les enfants;
- les pressions extérieures, la réprobation de l'entourage: une femme souhaitant échapper à une telle situation doit souvent le faire seule, envers et contre tous;
- l'isolement social, l'absence d'opportunité pour trouver de l'aide;
- le manque de ressources économiques et les obstacles matériels à surmonter ( trouver un hébergement, un emploi, un nouveau logement...);
- les menaces graves, la peur des représailles sur elle-même, les enfants ou les proches, le chantage au suicide du conjoint, qui s'accentue au moment où la femme décide de rompre:
- le méconnaissance de ses droits, les réticences à affronter les institutions et l'appareil judiciaire.

Les signaux d'alarmes:

- Il crie, vous injurie, vous accuse, vous insulte, vous humilies
- Il adopte des attitudes menaçante
- Il fait pression sur vous en vous culpabilisant
- Il vous force à prendre des décisions contre votre gré
- Il ne vous donne pas ou pas assez d'argent pour le ménage
- Il manipule les enfants
- Il prend des décisions importantes sans vous consultez
- Il vous tourne en ridicule devant les autres
- Il dit du mal de votre famille et de vos amis
- Il ment
- Il est excessivement jaloux
- Il ne respecte pas ce qui à été décidé
- Il n'assume pas sa part de responsabilité
- Il nie ou minimise ses actes violents
- Il prétend qu'il est violent par votre faute
- Il s'oppose à ce que vous travailliez à l'extérieur
- Il vous reproche vos dépenses
- Il consomme des drogues et boit trop d'alcool
- Il menace de se suicider ou de se faire du mal
- Il menace de dire ou faire des choses qui auraient de fâcheuses conséquences
- Il vous empêche de rendre visites à des ami(e)s parents...
- Il contrôle vos appels téléphoniques
- Vous devez avoir son autorisation pour vous rendre dans certains endroits, il vous en interdit d'autres
- Il profère des menaces contre vous ou contre d'autres personnes
- Il arrive à l'improviste ou vous appel sans arrêt au téléphone
- Il vous surveille
- Il refuse de s'en aller quand vous le lui demandez
- Il utilise sa supériorité physique pour vous faire peur
- Lors de dispute:
  ¤ il vous bloque le passage
  ¤ il crie
  ¤ il conduit la voiture brutalement
  ¤ il s'attaque à des choses auxquelles vous tenez
  ¤ il frappe les objets, les jettes autour de lui
  ¤ il recourt à la violence contre vous, contre vos enfants, les animaux
    domestiques
  ¤ Il bat, donne des coups de poing, immobilise, mord
- Il vous traite de manière déshonorante avilissante
- Il vous contraint à accepter des relations sexuelles
- Il vous viole
- Il utilise des armes ou en porte constamment sur lui

Les comportements ci dessus peuvent tous se manifester au cour du cycle de la violence!!!

Que faire?

Le meilleur moyen de s'en sortir est d'en parler afin de connaître ses droits, de faire le point, de se protéger (ainsi que ses enfants). A qui s'adresser:

  • à un membre de la famille, un(e) ami(e), des collègues qui écouteront sans juger et aideront à y voir plus clair;
  • à un centre d'accueil spécialisé en violence conjugale où l'on propose généralement une aide administrative, sociale, juridique et psychologique ainsi qu'un hébergement en maison d'accueil;
  • aux Services d'Aide aux Victimes qui offrent une aide psychologique et une aide dans les démarches d'ordre administratif, social et juridique;
  • à d'autres centres d'aide aux femmes en difficulté (soutien psychologique, conseils, hébergement provisoire);
  • aux centres de planning familial (écoute, aide psychologique et parfois médicale)
  • à un médecin qui peut attester l'état physique et psychologique de la victime suite aux violences;
  • à la police: chaque zone de police dispose d'un service d'assistance aux victimes.

Porter plainte

Il est possible de porter plainte dans tous les commissariats de police, sans exception.

Les conséquences du dépôt d'une plainte sont les suivantes:

  • l'auteur des violences sera entendu par la police, remit en liberté mais avec un suivi. Le magistrat décidera ensuite de poursuivre ou de classer;
  • l'auteur sera mis à disposition du Parquet. On lui rappelera ce que dit la loi et ce qu'il risque. En fonction de sa réaction, il sera remis en liberté et/ou à la disposition d'un service de médiation;
  • le juge d'instruction donne un signal fort, décide d'une mise en liberté avec conditions (éloignement du domicile, obligation de se soigner,...);
  • mandat d'arrêt.

Si la victime refuse de porter plainte, il est également possible de faire consigner les faits. Cela n'entraîne pas de poursuites judiciaires (sauf si les faits sont très graves) mais pourrait lui être utile ultérieurement.

Partir?

Pour toutes les victimes de violence conjugale, partir est un droit. Celles-ci peuvent partir tout en conservant leurs droits par rapport aux enfants, aux logements mais aussi aux biens. Pour cela, il existe des solutions tant sur le plan pratique, financier que psychologique. 

Cependant, une fois la décision prise, il est indispensable de préparer ce départ et de penser à tous les documents et effets personnels qu'il  faut emporter. Il peut être difficile de revenir au domicile conjugal par la suite.

Comment aider une personne victime de violence?

  • Montrer sa disponibilité: une victime de violence conjugale peut se montrer très seule, gênée ou encore honteuse. Il faut donc pouvoir la mettre en confiance, se rapprocher d'elle sans la juger, sans la brusquer non plus. Il faut lui montrer qu'on la croit, ne pas dire de mal du partenaire (souvent la victime l'aime et voudrait que cette violence s'arrête pour reprendre une existence normale).
  • La laisser prendre ses propres décisions: il ne faut pas lui dire ce qu'elle doit faire mais lui fournir des informations sur les différentes aides dont elle peut bénéficier. Il faut lui montrer qu'il existe différentes options et l'aider à les évaluer. Il ne faut pas, quelque soit la solution prise, l'abandonner à son propre sort. Il faut également assurer sa sécurité. Si elle a été physiquement blessée, il est nécessaire de l'accompagner chez un médecin.
  • Si elle souhaite porter plainte, lui proposer de l'accompagner ou de faire appel à une organisation spécialisée.

La violence conjugale est inacceptable. Rien ne peut justifier de tels gestes à l'égard du conjoint. Ces informations sont utiles pour toute personne qui subit des violences ou pour toute personne qui croit connaître quelqu'un qui les subit.



31/01/2008
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